Dans son livre "l'art de la gestion immobilière", Philippe Schnepf parle de l'évolution de la gestion immobilière et des conséquences du rachat et de la fusion de nombreux cabinets immobiliers par les grands groupes financiers sur le métier et l'art de la gestion immobilière.
Les grands groupes ont certes réussi dans le rachat de nombreux administrateurs de biens et dans les accords passés avec les promoteurs nationaux. Ils ont industrialisés le service, définis des méthodes et des organisations, précisés les fonctions de chacun des métiers. Mais ils ont échoué dans tout ce qui touche à la gestion de la relation client. Ce n'est pas avec des méthodes " industrielles" qu'on peut délivrer des prestations de service proches et humaines . Ces dernières resteront quoi qu'on en dise du domaine de l'artisanat ou de "l'art" que seules les agences immobilières indépendantes peuvent délivrer.
Extrait du livre de Philippe Schnepf "L'art de la gestion immobilière
"La gestion immobilière a été longtemps ignorée voire méprisée. Il y a des la noblesse à concevoir et créer un bâtiment, on parle même de geste architectural. Mais s'occuper des canalisations bouchées et des querelles entre occupants ne conduisait qu'à une certaine condescendance de la part des juristes, architectes et autres experts.
La professions des administrateurs de biens s'est trouvée confrontée aux multiples évolutions législatives, à la complexité sans cesse croissante des réglementations, à la montée des incivilités, à la contestation de tout pouvoir.
Les mouvements financiers capitalistiques ont conduits à la fusion de nombreux cabinets. Les principaux groupes d'administration de biens gèrent des dizaines de milliers de logements. L'organisation et les objectifs de travail se sont profondément modifiés.
Les membres des conseils d'administration de ces structures et les dirigeants proviennent généralement du monde de la finance. Leur état-major est composé de collaborateurs souvent étrangers au monde de la gestion immobilière. Les tâches opérationnelles sont segmentées et confiées à des "correspondants métiers". Un système informatique gère les procédures et automatise les réponses. Le personnel confiné dans des tâches de codification d'action sur l'ordinateur se montre incapable de répondre aux évènements quand ils ne sont pas prévus par les procédures. Les clients résilient progressivement leurs mandats. Le chiffres d'affaire du groupe n'est pas atteint, car les opérations de fusion acquisition masquent les pertes de dossiers.... Des montants importants ont été investis dans l'achat de cabinets d'administration de biens dont les mandats se sont évaporés. Ils sont dans l'obligation d'améliorer leur technique de gestion pour pouvoir rester dans cette activité. Cependant, ils apportent une forte amélioration de l'organisation du métier par rapport à celle de l'entrepreneur individuel.
Il existe toujours de très nombreuses petites structures de gestion. Le service client y est fortement personnalisé..."