Pour un Ordre professionnel : dépasser la Loi Hoguet
- Mes conseils pour investir en immobilier à Marseille
- 25 mars 2026 | Caroline Pujol
Après 31 ans d’exercice en tant que syndic, administrateur de biens et agent immobilier, je constate que nos fédérations professionnelles demeurent dans un cadre figé, alors que nos métiers explosent en complexité.
J’ai signé, avec 70 confrères indépendants, une lettre ouverte demandant la création d’un Ordre Professionnel.
Ce n’est pas une attaque contre l’Unis, la Fnaim et consorts, pour lesquels j’éprouve beaucoup d’estime et de respect, mais un constat de leur impuissance. Il est également possible que cela soit dû aux grands groupes financiers, qui bloquent toute évolution structurelle, car leur poids n’a cessé de se renforcer au sein de ces syndicats représentatifs.
Pour transformer nos métiers en une véritable mission de confiance publique, nous devons passer d’une simple surveillance administrative à une autorité ordinale.
En finir avec l’impuissance du contrôle administratif
Les outils actuels sont inefficaces pour assainir nos pratiques.
La loi Hoguet, vieille de 55 ans, impose des garanties qui ne sont que des prérequis techniques : l’assurance et la garantie financière n’empêchent pas l’incompétence ou la malhonnêteté.
Aujourd’hui, entre une mauvaise pratique et une condamnation judiciaire lente et coûteuse, il n’existe rien.
- Nous proposons un ordre qui contrôle nos confrères au quotidien, dans l’ensemble de leurs pratiques.
- Nous prônons un Ordre capable de prononcer des sanctions extrajudiciaires immédiates — blâme, suspension ou radiation — pour exclure enfin ceux qui ternissent notre réputation collective.
Le syndic, doit être un tiers de confiance qui pourra porter la transition énergétique
Qui porte l’intérêt général au sein des copropriétés lorsque les copropriétaires n’en ont pas conscience ?
Pour l’éco-rénovation, les résultats ne sont évidemment pas à la hauteur des enjeux.
Notre quotidien n’est plus celui d’un simple comptable assaisonné de juridique et de technique; nous sommes les chefs d’orchestre de la bonne gestion des copropriétés quand nous pouvons tenir ce rôle, ce qui n’est pas toujours le cas.
- Un Ordre nous donnerait la légitimité et l’autorité nécessaires pour imposer des travaux complexes et arbitrer les intérêts divergents au sein des assemblées générales.
- En nous inspirant du modèle belge, nous pourrions protéger notre titre par des stages et des tests d’aptitude, afin de garantir que chaque porteur de carte possède une réelle expertise.
Créer une force collective pour attirer les talents de demain
Nos fédérations sont sans poids et morcelées. Leur message n’est pas suffisamment entendu par nos clients ni par nos équipes. Il faut moderniser nos entreprises et attirer l’innovation.
Nous sommes actuellement émiettés, sans force collective nationale, ce qui nous empêche d’attirer des entrepreneurs du digital et des jeunes talents à forte culture générale.
- L’Ordre est l’outil de modernisation qui permettra de sortir du cycle des « mauvaises pratiques » rentables à court terme, afin de valoriser des modèles d’entreprises robustes et innovants.
- En rejoignant le rang des « professions intellectuelles de service », telles que les notaires ou les experts-comptables, nous redonnons du prestige et du sens à nos équipes.
Je suis profondément libéral, et c’est précisément pour cela que je demande davantage d’ordre.
Nous devons cesser de nous autocongratuler pour des victoires qui ont permis d’éviter davantage d’erreurs de nos politiques.
Nous devons affronter la réalité : le système actuel tire tout le monde vers le bas.
La mue ordinale est le prix à payer pour garantir la pérennité du patrimoine des Français et la dignité de nos métiers.
Renversons la table.
Il est à présent temps d’avancer
Stéphane PUJOL
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