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Agir en copropriété quand le péril menace :  le cas du 79 Canebière à Marseille
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Agir en copropriété quand le péril menace : le cas du 79 Canebière à Marseille

79 Canebière, un bel immeuble bourgeois, situé en plein centre de Marseille, d’apparence correcte 

Il y a 20 ans, un incendie se déclare au 79 canebière dans la machinerie de l’ascenseur au niveau des combles. Les pompiers éteignent le feu à grande eau.
Aucune réparation n’est effectuée.
Aucun diagnostic n’est réalisé.
L’ascenseur reste hors service pendant 20 ans.

En 2020, un dégât des eaux dans une salle de bain d’un appartement du 6e étage cause l’effondrement d’une partie du plancher et la baignoire tombe sur l’étage du dessous.
Aucun blessé n’est heureusement à déplorer.
La ville ordonne que des travaux soient réalisés dans les 6 mois.


Faire un état des lieux et Agir pour remettre en état la copropriété

Un bureau d’études est alors mandaté pour effectuer un diagnostic de l’ensemble de l’immeuble, des caves au dernier étage.
En plus des désordres de planchers et d’ascenseur, le BET constate également un  affaissement important du sol dans les caves, menaçant la solidité des fondations.
Le verdict travaux tombe :
La structure des planchers doit être refaite complètement, non seulement sur les étages élevés ayant connu un sinistre, mais aussi sur tous les autres.
Des micropieux doivent être installés dans les caves pour consolider les fondations de l’immeuble,
La structure de la cage d’escalier doit être intégralement reconstruite,
Un IPN doit être posé à tous les étages pour installer un nouvel ascenseur.

Un arrêté de mise en sécurité est donné sur les étages 5 et 6 qui ne peuvent alors plus être occupés. L’accès aux caves n’est plus autorisé.
Les travaux durent un an et demi et coûtent près d’un million d’euros au total.

Monter les dossiers auprès de l’Agence Nationale de l’Habitat pour bénéficier de subventions

Sur un montant total d’un million d’euros, les travaux ont été financés à hauteur de 600 000 euros par la subvention ANAH. Le dossier, monté en coordination avec la métropole, a permis la prise en charge d’une grande partie des travaux touchant à la partie structurelle (IPN, micropieux, planchers), cette partie représentant la majorité des coûts du chantier.


La reprise d’une copropriété en difficulté : un défi humain à relever

S’il avait été annoncé avant le diagnostic définitif, les énormes investissements nécessaires, les copropriétaires auraient reculé au vu des coûts sans prendre conscience de l’ampleur des enjeux pour l’immeuble et donc leur patrimoine.
La prise de conscience a été graduelle, à force de réunions, de l’esprit combatif de Sandra et de preuves apportées.

Nous avons vécu des assemblées générales compliquées, pas toujours faciles à gérer devant la colère ou la violence de certains.
À force de patience, de réassurance et de travail, Sandra a réussi à créer une union autour de ces travaux à réaliser.

Ces reprises de gestion complexes et difficiles demandent un énorme travail, de la patience et du temps pour toutes les parties prenantes et en particulier pour le gestionnaire de copropriété qui porte le sujet.
Un temps qui n’est jamais à la hauteur des honoraires perçus pour ce travail et des centaines d’heures passées uniquement sur cette copropriété. Pas moins de 700 ou 800 heures en 5 ans sur ce dossier, pour environ 20 000 euros d’honoraires.
Est-ce le prix de ce travail ? Certainement pas. Et là nous ne parlons que d’heures de travail pas de toute l’énergie à déployer, ni de la difficulté psychologique de pousser et de faire comprendre aux plus récalcitrants qu’il faut agir.

Vous comprendrez mieux pourquoi les syndics qui n’ont pas le temps, la volonté ou les compétences, n’engagent pas ces travaux importants et refusent de gérer des petits immeubles anciens qui demandent beaucoup d’énergie et d’heures de travail non reconnues personnellement et financièrement.

Grâce à la confiance d’un petit nombre de copropriétaires, qui ont réussi à convaincre leurs voisins, Sandra est arrivée à construire ce projet avec les copropriétaires.

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