En premier, j’ai envie de vous dire :
– que nous ne sommes pas les concierges qui doivent contrôler si les lampes sont tombées en panne. Nous ne sommes pas non plus la police de votre immeuble, ni l’assistante sociale, ni la personne responsable du comportement de vos voisins. Pour tout cela nous n’avons aucune responsabilité, ni mission.
La loi nous demande de tenir les comptes, d’exécuter les décisions de l’assemblée générale et d’entretenir l’immeuble…et en plus cette loi sous la pression des consommateurs qui doivent tout avoir tout de suite et gratuitement, change chaque année pour devenir de plus en plus complexe sur des points importants mais aussi sur des points dont personne ne se plaint sauf peut être le député sous la pression bienveillante d’une association ou d’un lobbyste.
– que nos amis fonctionnaires qui préparent notre législation ne comprennent rien à nos métiers et ont souvent fait voter des textes inapplicables . La meilleure ayant été pour moi la première mouture de la tva à 5.5% mais là aussi nous n’y pouvons rien.
Donc il faut vous y mettre vous aussi pour comprendre nos comptes et la législation car je ne peux la comprendre à votre place, ni vous l’expliquer si vous n’en n’avez pas envie.
La deuxième chose sur laquelle je veux vous interpeller est ce que je nomme l’épaisseur de la réalité :
Cela concerne les copropriétaires peu présents, qui ne vous avertissent pas quand ils ont un locataire, locataires qui ne vous rappellent pas, les difficultés de paiement des propriétaires en train de divorcer ou qui n’avaient pas prévu dans leur budget les charges de copropriétés, les artisans qui sont débordés , ne font pas les devis et n’exécutent pas les commandes que nous avons passées… cela c’est notre métier, nous nous devons de le suivre mais c’est souvent pénible et chronophage.
En troisième, il est difficile de tirer par le haut la qualité de nos prestations et des travaux à réaliser dans les immeubles car il y a toujours un cousin, une connaissance qui travaille « bien » et qui peut faire la peinture pour moins cher, ou un cabinet de syndic qui vient de se créer dans lequel le patron fait tout, tout seul à bas prix car il a besoin de se sortir un salaire de 1500€ et travaillent 80 heures par semaines pour sortir ce salaire.
J’ai été ce jeune du coin de la rue et je ne lui en veux pas mais c’est vrai que nous sommes dans un marché très très concurrentiel et tiré vers le bas, comme beaucoup…je le sais aussi mais nous n’y pouvons là aussi rien.
La quatrième difficulté est de recruter, de former et surtout de conserver des gestionnaires de qualité.
Votre gestionnaire doit avoir un champ de compétence très vaste. Il doit tout savoir sur la technique, le social, la psychologie, le juridique, les assurances et on exige souvent de lui qu’il réponde de suite avec non pas une solution mais LA solution que certains copropriétaire veulent entendre…
Chez Foncia à l’époque où j’y travaillais, (mais je crois que les choses n’ont pas changé) l’ancienneté moyenne d’un gestionnaire était de 18 mois. Pourquoi un gestionnaire copropriété ne reste-t-il pas plus de 2 ans sur son poste? car le ratio temps de travail+connaissances+compétences+ complexité du métier+agressivité de notre environnement rapportée à la reconnaissance client n’est pas au rendez-vous (cf l’article «
syndic : un jour Héros, un jour zéro » rédigé par un membre de mon équipé sur le sujet). Comment voulez-vous gérer une copropriété à long terme dans ces conditions ?
Pour mes contrats de syndic sur Marseille, je facture en moyenne 126€ HT par lot et par copropriétaire soit TTC 150€ pour des honoraires de base sans compter les autres frais de photocopies, les vacations, les timbres etc…