S'engager quand on est gestionnaire syndic: entre péril et impayés sur une petite copropriété
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Dans cet immeuble du XVIII e siècle situé 35 cours Franklin Roosevelt dans le 1 er arrondissement de Marseille, il y a presque 200 000 € de travaux (5 copropriétaires) à effectuer pour sortir la copropriété du péril et la remettre en état.
Aileen Orain gère cette copropriété un peu particulière.
Elle nous explique comment elle a relevé ce défi, de la remise en état de l’immeuble face à l’inaction de certains, et avec trois autres immeubles mitoyens impliqués.
Le mot de Stéphane Pujol
L’investissement exceptionnel d’Aileen prouve tout d’abord que la réglementation seule ne résout rien si personne n’est décidé à la faire appliquer coûte que coûte et à porter ce type de dossier à 100 %.
Cette notion de coût n’est pas un vain mot : si Aileen avait dû facturer le temps qu’elle a passé à relancer, à secouer, à menacer, ainsi que le temps psychique à porter le dossier, à s’inquiéter… Elle aurait dû multiplier ses honoraires par cinq, par dix !
Elle a décidé de ne pas le faire, et nous l’avons soutenue dans son choix parce que nous nous étions engagés en connaissance de cause sur cet immeuble.
Pourtant nous n’aimons pas les rues en pente et l’eau qui ravine les sous-sols, les balcons qui flanchent, les fissures en escalier…
Mais nous aimons les copropriétaires responsables, conscients des difficultés et prêts à nous suivre pour les résoudre.
Reste également que quand un gestionnaire est surchargé, il n’est pas question de s’investir autant que nécessaire. Ce ne sont pas les % de 2 % 3 % ou 4 % qui permettent de ne pas perdre d’argent dans ces travaux complexes. Au-delà de la compétence du gestionnaire et de son savoir-faire, cela pose une fois de plus la question de la rémunération des syndics par les copropriétaires.
Quand une copropriété enchaîne les syndics qui n’ont pas le temps, cela amène à des situations inadmissibles dont les événements de la rue d’Aubagne sont une terrible démonstration.
Le mieux n’étant pas toujours l’ennemi du bien, on pourrait aussi souhaiter ne jamais avoir à entreprendre des travaux aussi conséquents: obligations contraignantes d’entretien et de financement rapidement applicables, traçabilité des travaux, des factures et des assurances des entreprises, des arrêtés de péril sur les 10 dernières années… Nous attendons désespérément un sursaut.
Parce qu’il n’y aura pas toujours une Aileen pour tenir la copro (et ses voisines) debout.
Stéphane Pujol
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