Quand les rénovations énergétiques seront-elles rentables ?
Jamais. Oui, jamais !
Avoir des retours sur investissement qui sont compris entre 10 et 300 ans n’est financièrement pas rentable dans les conditions d’aujourd’hui. Pourquoi je parle des conditions actuelles ? Car ce sont les conditions d’aujourd’hui qui vont drastiquement évoluer : l’énergie va continuer à monter, donc les temps de retour sur investissement vont baisser mais surtout, c’est la perception du marché de la vente qui va changer.
Aujourd’hui, personne ne mesure ni la quantité des travaux, ni le coût, ni la rentabilité des investissements ou encore l’impact sur les prix des biens ! Pourtant, dans 10 ans l’obsolescence d’un appartement ou d’une maison sera bien évaluée en fonction des consommations estimées dans le DPE.
C’est par la valorisation du prix de vente que ces travaux vont devenir rentables !
La lutte par la contrainte contre les passoires énergétiques est lancée car il n’y a plus le choix
Au bout de combien de temps ces rénovations sont-elles rentables ?
Pour être totalement transparent, les travaux additionnels que l’on doit faire pour mieux isoler, ventiler et chauffer les appartements et immeubles; ont une rentabilité comprise entre 1 et 4% par an (sauf pour les travaux d’amélioration et d’optimisation des chaufferies collectives dont les rentabilités sont plus importantes).
La volonté du gouvernement est que les appartements parviennent à obtenir un DPE en C qui sera donc considéré comme le seuil minimal. En dessous, il est probable que les biens seront pénalisés en termes de prix. La difficulté est que tous les biens n’arriveront pas à cette lettre C, notamment dans les immeubles du centre et nos 3 fenêtres marseillais. Quant à cibler un DPE en B ou A, cela nous semble totalement illusoire à Marseille pour nos immeubles du centre-ville.
Des investissements rentables en 30 ans ?
France stratégie a dévoilé une note se basant sur l’étude du CIRED. L’enquête porte sur la rentabilité économique des rénovations énergétiques et propose un mécanisme pour faciliter le financement des rénovations.
L’étude du CIRED concerne 22 millions d’habitations. Sur ces 22 Millions, la rénovation de 9 à 17 millions de ces logements, via leur mécanisme, serait rentabilisée par les économies d’énergie à horizon 30 ans.

Des résultats à prendre avec des pincettes
Ce sujet est éminemment politique. Il faut donc être particulièrement prudent avec les articles qui parfois vantent les gains ou font croire que les subventions seront très importantes. Je trouve même certains articles très militants sur ces sujets.
En tant qu’agents immobiliers sensibles à ces éléments, il est évident pour nous de sensibiliser nos propriétaires. Nous devons nous engager et engager nos clients dans des rénovations énergétiques intelligentes et sur le long-terme mais, il faut le faire avec prudence. Tous les changements légaux sont encore difficiles à appréhender.
Connaissez-vous ce qu’est la valeur verte d’un logement ?
Cette expression désigne la revalorisation positive de la valeur vénale de votre bien, engendrée par une meilleure performance énergétique et environnementale en comparaison avec un autre appartement. L’érosion des prix de vente de certains biens devrait déjà se faire sentir début 2022.
Nicolas Moulin explique par ailleurs que nous pouvons déjà observer une tension sur le marché immobilier parisien avec une possible décote de la valeur des passoires thermiques. Beaucoup de propriétaires ne souhaitant réaliser les travaux essayent de les vendre avant notamment l’audit énergétique obligatoire de fin 2022.
La question que certains se posent: l’immobilier ancien restera il une valeur refuge pour chacun compte tenu de tous les investissements à faire et de l’obsolescence probablement programmée ?
Selon nous oui compte tenu qu’il y aura de moins en moins de constructions neuves, mais tous les immeubles ne pourront en bénéficier car d’un âne on ne fait pas un cheval de course.